Programme Laos – L’Ecole Primaire

IMG_2615

A l’école primaire, les enfants attendaient sagement devant leurs tables, mais grouillants d’excitation de voir la farang – l’étrangère.

Dans le système scolaire Lao, il y a 5 classes élémentaires. Pour le village, la première classe, équivalent à un Cours Préparatoire français, est dans une structure séparé des autres classes. C’est une construction de feuilles de bambou et de poutres, dans un état pitoyable, avec un sol en terre battue. Je crois que pour un enfant de 6 ans qui entre en CP, ça doit être une rude épreuve.

L’école principale est elle, construite de briques effritées et en toile de bambous. Elle est dans un état délabré. Les poutres sont détruites par les termites et il n y a pas des murs entre les classes. Le toit en tôle ondulée rend le bâtiment très chaud en été, car il n’y a pas du plafond. Il n’y a ni électricité, ni l’eau, ni ventilateur, ni fenêtres. La cour de recréation est en terre battue qui rend tout jeu une affaire de poussière ou, en saison de pluie, un problème de boue.

Il y a 100 enfants scolarisés. Ils sont âgés de 6 ans à 13 ans : 53 filles et 47 garçons. Les cinq classes de 1° à 5° années sont gérées par quatre instituteurs : 3 femmes et un homme. Par manque d’instituteur, ils sont obligés de regrouper les enfants en 4 classes.

Le plus jeune des professeurs a une prothèse à la jambe. Il y a dix ans, en promenade dans le foret, il a marché sur un UXO est à perdu sa jambe. Malheureusement, c’est encore courant ici. Il n’y a pas des ressources pour nettoyer les montagnes des UXO, lâché par milliers pendant la guerre secrète.

Les enfants, surtout les filles, souhaitent des latrines pour l’école. Les professeurs ont reçu une formation très basique, sorte de sensibilisation à l’hygiène et sont assez frustrés, car les enfants ne peuvent pas mettre en pratique ce qu’ils ont appris. Il y a pénurie d’eau, du savon, des brosses à dents et du dentifrice. Les enfants n’ont pas d’eau potable à l’école.

IMG_2620

Par manque de latrines à l’école, les enfants pratiquent la défécation ouverte dans le foret aux alentours avec contamination de leurs mains et de leurs pieds. Ils boivent de l’eau sale – ou ne boivent pas de tout. Les conséquences sont que tous les enfants ont des vers intestinaux, et des problèmes d’infection gastriques. La directrice de l’école a estimé que 20% des enfants sont absents de l’école en saison chaude avec la diarrhée, due à la consommation d’eau non-potable, et de la défécation ouverte avec propagation de microbes par les mouches et les animaux. Malgré ces problèmes, les enfants sont joyeux et certaines filles en particulier sont très propres.

Nous avons été bien reçus par tout le monde. Les enfants ont été très polis et nous ont chanté plusieurs airs traditionnels. Ils ont une grande volonté d’améliorer leur avenir. Les latrines et l’eau sont tant attendues.

Les habitants ont promis de nous aider à transporter le sable et les pierres, récolté de la rivière, et le bois de la foret pour la construction de latrines. Avec un revenu annuel moyen par famille de $500 c’est difficile de fournir d’autres choses que leurs bras. Philanthrops donne l’assistance technique, l’ingénierie, le ciment, les ouvriers qualifiés et les structures en dur, en accord avec les normes du pays.

Le chef du village et les instituteurs ont demandé un programme de sensibilisation à l’hygiène. C’est une organisation assez longue. Je vous en parle dans le prochain bulletin.

Programme Laos – Le village

washing hair in the Nam Khan

Après notre traversé de la Nam Khan, nous avons été accueillis par le chef du village, M. Chanda et son député. Eux n’ont eu aucune difficulté à traverser le petit ruisseau sur un pont de fortune  – un tronc d’arbre glissant – puis de monter la pente, en tongs. Par contre ce fut une autre histoire pour moi ; je glissais à chaque pas, malgré mes chaussures de marche. Arrivés au village, nous avons trouvé les hommes en pleine construction d’une nouvelle pirogue en bois, car celle que nous venions d’emprunter commençait sérieusement à prendre l’eau.

Le village est établi depuis 30 ans avec 71 familles Khmu, les peuples du plateau (Lao Theung), qui parlent Mone-Khmer. Depuis quelques temps, la communauté du village a été élargie avec l’implantation d’autres familles Khmu, ainsi que des Hmongs, (venant des montagnes) qui parlent Hmong –Loumien. Il y a maintenant 106 familles. Notre traducteur parle anglais et Lao et, heureusement Mone-Khmer, car certains anciens ne parlent que cette langue.

La plupart des villageois sont agriculteurs, cultivant le riz et utilisant la méthode du brulis. D’autres fabriquent des balais avec des herbes de la forêt, ou construisent des lattes de feuilles pour la couverture des toits. Certains ont trouvé du travail comme ouvriers non-qualifiés.

tressage d'un toit ii

Les foyers les plus anciens sont sur la voie principale, un chemin en terre battue. Certains sont en pierres, mais moins d’un tiers sont pourvues d’électricité sommaire. La plupart des habitations sont en tresse de feuilles de bambou, et sur pilotis, avec une pièce principale où la famille mange. Les villageois dorment sur des matelas au sol protégés par une moustiquaire. Il n’y a que huit foyers avec une latrine, située dans une cabane en bois ou en béton, à l’extérieur. Elles sont propres et en utilisation. Mais chaque jour, l’eau pour les nettoyer doit être montée de la rivière. Et avec la pénurie d’eau au village, c’est de plus en plus difficile

Aucune maison n’a l’eau courante. L’eau provient d’une source à 4 kilomètres dans les montagnes. Elle arrive dans une citerne en béton en haut du village ; celle-ci est presque vide et ne tiendra plus que quelques jours. Ensuite, par un système de tuyaux, l’eau est distribuée à 8 robinets dans le village. L’infrastructure étant vieille, est très délabrée. Chaque semaine, le village tape les tuyaux pour désagréger le calcaire qui les bouche en permanence. Les robinets sont rouillés et fuient. Monsieur Chanda semblait très perturbé par ce fait, car la communauté manque d’eau en permanence. C’est pour cette raison que les gens se lavent dans la rivière, polluée par infiltration, avec les matières fécales.

Chaque soir, l’effort est grand pour descendre la pente vers la rivière. Les bébés et les enfants tremblent de froid. Mais ils se lavent dans l’eau fraîche, font leur shampooing (s’ils en a) et se brossent les dents avec une eau limpide à l’oeil, mais pleine de microbes invisibles.

Notre entretien a pris une grande partie de la journée. Le souci majeur du village est le manque d’eau. J’ai inspecté les installations. J’ai vu les femmes et les enfants transportant l’eau ; j’ai vu les tuyaux qui fuyaient, les robinets incrustés de calcaire et la citerne presque vide. C’est un problème difficile à résoudre techniquement, et la seule solution envisageable dans ce cas est le captage d’une nouvelle source d’eau moins calcaire. Les observations sont en étude.

blocked pipe to water point

Entre temps, nous étudions la meilleure solution sanitaire pour l’école, car, malheureusement, les latrines EcoSan ne sont pas possibles. EcoSan vient de commencer en Europe. Pour que ça marche, il faut une grande équipe technique spécialisée, de la formation longue et un suivi sur place. Nous n’avons pas les moyens et je n’ai trouvé aucune étude pilote ici. Donc, pour le moment ce n’est pas encore faisable au Laos.

La solution la plus économique, la plus gérable, et la plus acceptable par la communauté est une simple latrine sur fosse septique. Nous somme en train d’étudier les solutions avec le chef du village, avec l’école, les enfants et nos ingénieurs sur place. Car notre préoccupation majeure est la santé des enfants.

PS. Je viens de recevoir des nouvelles qu’il n’y a plus d’eau de tout au village. Le réservoir est vide.

Prochaine épisode : l’école primaire du village et les enfants.

Au revoir, Bai Kon Deu

Sally

Programme Laos – Premières semaines

Sally et M.Chanda

Après 3 semaines bien chargées au Laos, j’ai le temps de vous envoyer quelques impressions sur ma vie ici et le début du projet.

Les premiers temps de mon séjour m’ont permis de récolter les informations récentes sur la vie du village, les statistiques sur les maladies des enfants dus à un manque d’hygiène, et les devis pour la construction de latrines. Ce projet étant été décrété comme le plus urgent d’un point de vue sanitaire, à ce jour.

J’ai créé des liens, avec des Laotiens très dévoués :  comme l’infirmière qui a inventé un jeu sur l’hygiène, ou ce jeune Khmu, manager d’un hôtel, qui consacre le peu de son temps libre à aider son peuple, Il y a 49 ethnies différentes au Laos ; le village avec qui Philanthrops travaille est un village Khmu.Il y aussi une jeune femme qui parcourt des kilomètres en bateau pour apporter des livres aux enfants dans des villages éloignés. Je lui ai écrit une brochure en anglais et en français pour expliquer son projet aux touristes et solliciter des dons d’environ 1,50€. Nous explorons la possibilité d’écrire ensemble un petit livre sur l’hygiène de base – en langue Lao.

La plupart de mes rendez-vous se passent en ville. L’administration ici est laborieuse et j’ai appris la patience en attendant tel ou tel papier du District, ou l’accord d’un autre bénévole laotien.

J’ai visité le village deux fois déjà, pour travailler avec le chef du village et son député. Le parcours prend au moins une heure, car nous quittons la route goudronnée pour un petit chemin en terre battue, où sont construits plusieurs petits villages. Nous y avons rencontré des femmes pliées en deux par le poids des paniers de bois qu’elles portent avec un bandeau en cuir autour du front.

Enfin nous devons traverser en pirogue la rivière Nam Khan, où des enfants et des femmes se lavent, protégé par un sarong. De l’autre coté, un petit pont d’un tronc d’arbre, et une montée ardue et longue.

La prochaine fois je vous parle du village. Maintenant la nuit tombe, ainsi qu’une pluie torrentielle. La ville royale se couche assez tôt, car beaucoup se lèvent avant l’aube pour préparer leurs offrandes au Tak Bat.

Au revoir, ou La Kon Deu en Lao.

Cuisine et Solidarité

PHILANTHROPS et le Restaurant Zafferano propose aux tourangeaux, samedi 28 novembre 2009, une manière alléchante d’être solidaire d’une cause humanitaire. Edoardo Pillitteri, le chef sicilien installé au Zafferano, à Tours, fera découvrir à ceux qui le souhaitent les saveurs de son doux pays et reversera l’intégralité de sa recette à Philanthrops.

affiche

Il a décidé de soutenir simplement et à sa manière, le nouveau projet de solidarité internationale du Fonds de dotation en faveur d’une communauté villageoise oubliée au Laos. Le projet dont Sally Piper est responsable, consiste à la mise en place de sanitaires écologiques pour l’école du village. Elle partira pour sa part, au mois de janvier 2010 et lancera ainsi l’action avec nos partenaires laotiens, par une première sensibilisation à l’éducation sanitaire. Pour en savoir plus…

Concert Jazz

concert_paul_lay

Le 24 septembre dernier, Philanthrops avait invité Paul Lay, jeune pianiste, pour le premier concert de son nouveau Trio Jazz. Il était accompagné par Simon Tailleu à la basse et Elie Duris à la batterie.

Résultat: une soirée sensationnelle, où amateurs de jazz et néophytes ont pu apprécier les qualités exceptionnelles de Paul Lay et de ses acolytes. “Il nous a régalé en jouant tout simplement avec le coeur”, nous confiait un spectateur.

Thieum, le chanteur téléchargeable en live, était aussi de la partie et nous a offert quelques bribes de son nouvel album.

Bref une belle soirée de musique !

Nouveau Projet Solidaire au Laos

noel-autumn-2008-438

Un village // Houai Yen – Situé à 20 kilomètres au sud de Luang Prabang - Coupé de toute communication routière par la rivière Nam Kan – Seul moyen pour s’y rendre : la pirogue

Une communauté // 587 habitants, principalement d’origine Khmu

Une situation difficile // 140 enfants ne disposant que d’une école primaire délabrée – Pas de toilettes, pas de canalisations, pas de réserves d’eau suffisantes en saison sèche – Un état sanitaire général alarmant

Problématiques // Ecologique, sanitaire et sociale.

Projets //

1 – Philanthrops projette de rénover l’école élementaire et d’y construire d’autres classes, pour permettre ainsi à l’ensemble des enfants du village d’aller à l’école ;

2- Philanthrops proposera aux habitants une approche participative, basée sur la définition des problématiques liées à l’hygiène et à l’assainissement, afin de faciliter un changement de comportement en matière d’hygiène communautaire ;

3 – Philanthrops projette de fournir des toilettes écologiques pour l’école ;

4 – Philanthrops réfléchira avec la communauté à des systèmes économiques lui permettant d’autofinancer des projets communautaires et pourra soutenir des projets d’accueil de voyageurs solidaires et responsables.

Soutenez ce projet


1 album acheté = 1 semaine de solidarité pour un enfant

pochette_thieum_vitrine_p

Thieum reverse la totalité des bénéfices des ventes de son album Vitrine au profit des enfants pris en charge par l’association Enfants de Tous Pays

Ainsi pour chaque album acheté, l’association est en capacité de financer l’équivalent d’une semaine de vie d’un enfant des rues accueilli au sein de maison d’accueil. Pour en savoir +

Acheter son album

Destination Inconnue

Stop ! Ne préparez plus votre prochain voyage, Himalayas Voyages s’en charge intégralement. Ces experts choisirons pour vous, votre prochaine destination et vous accompagnerons à la découverte d’un monde inconnu, vers une destination que vous ne connaîtrez pas avant le jour de votre départ.

Partez vierge de tous à priori, de toutes représentations, de tous clichés, avec pour seul motivation la Découverte et la Rencontre de l’Autre.

C’est donc les yeux bandés, vous vous envolerez vers un point du monde, où quelqu’un vous attend et s’impatiente de vous faire découvrir sa vie et son pays. C’est seulement en plein vol, au-dessus des nuages, que vous découvrirez votre destination finale et l’objet de votre visite.

Himalayas Voyages vous propose la découverte intense et intime d’un pays, où le voyage devient accessoire et la rencontre devient l’essentiel. Une rencontre authentique d’un homme, d’une femme, d’un groupe ou d’une famille, dans un petit coin du monde. Un moment de partage riche et intense, une expérience inoubliable.

Vous serez accompagnés en amont par des experts, qui détermineront avec vous le sens que vous souhaitez donner à votre voyage. En fonction de votre personnalité, de vos rêves les plus précieux, de vos goûts particuliers, de vos possibilités physiques et matérielles, nous construirons pour vous un voyage unique.

Laissez-vous porter et suivez-nous dans cette fantastique aventure humaine.

Premier départ dès septembre 2009

Contactez vite Himalayas Voyages

Enfin des images du dernier “J’Irai Chanter Chez Vous” de Thieum

p1050031jpg

Retourver l’album photos du téléchargement de Thieum en chair et en os, du 6 juillet dernier, dans un appartement parisien.

N’hésitez pas à contacter Thieum pour lui donner, à votre tour, une bonne raison de vous offrir un moment de rencontre musicale. Il interprètera en exclusivité son dernier album «?» et ouvrira un espace d’échange convivial sur les belles choses, l’engagement solidaire et la vie…

L’exposition PaperToys déménage

Nos petits protégés ont quitté à la fin du mois de juillet la Maison des Associations Culturelles de Tours pour se retrouver de l’autre côté de la ville dans une douzaine de boutiques du Quartier Scellerie.

Changement de décor

img_0705

Merci à Pierre Henri !